Biographie

GABRIELLE BOSSIS

 

communion

Née le 26 février 1874 à Nantes, d’Auguste Bossis et de Clémence Barthélémy, dernière d’une famille qui compte déjà un garçon, Auguste et deux filles, Clémence et Marie, elle vécut dans un bel hôtel particulier au 15, puis au 17 avenue de Launay.

Cependant, l’été la famille se retrouve au Fresne-sur-Loire, dans une vieille maison s’alignant sur une rangée d’autres, dont la façade donne sur une rue silencieuse et le jardin sur la Loire.
C’est sur cette terrasse que la famille se retrouve.

Les premières années de Gabrielle

D’une excessive sensibilité et timidité, cette petite fille blonde et gracieuse fuit les jeux trop bruyants et les mondanités.

Malgré les soins attentifs de ses proches et de sa nourrice Jenny, c’est dans le silence et la solitude qu’elle recherche Dieu.

 

A 6 ans, elle débute ses études au pensionnat des « Dames noires », fréquenté par les enfants des familles aisées. Elle y reçoit une éducation mondaine.

infermiere

La Femme (1894-1923)

L’adolescence passée, de timide et d’introvertie qu’elle était, Gabrielle devient une éclatante demoiselle. Elle était grande et svelte, d’une beauté peu commune. Gaie et sociable, à la conversation vive et profonde, elle avait l’art d’égayer.

Extraordinairement douée pour toutes les formes d’art. Elle aurait sans doute remporté de vifs succès, si les mœurs de l’époque ne l’avaient empêché de cultiver ses talents. La peinture comme la musique, la sculpture, le chant, la broderie ou la danse, lui étaient faciles.

Elle connut de nombreux deuils familiaux : celui de son cher papa en 1898, puis de sa mère en 1908 et enfin de Clémence en 1912.

Demeurée seule, son frère et son autre sœur étant mariés, elle reste sociable, souriante avec tous et très attentive aux membres de sa famille, petits et grands.

Elle cherche à féconder sa vie par des engagements généreux. Elle obtient ainsi un diplôme d’infirmière et exerce pendant la guerre de 14-18, dans sa région, puis dans les hôpitaux de Verdun.

 

Le temps de la maturité : « Gabrielle va au large »

A 49 ans, sous l’impulsion de l’abbé Olive qui lui conseil de « prendre le large », Gabrielle débute sa carrière théâtrale.
En effet, il lui demande d’écrire des comédies, qui pourront être jouées dans les patronages.

En 13 ans, de 1923 à 1936, elle va alors écrire, mettre en scène et jouer, 13 comédies, 14 saynètes ou ballets, qui concluaient par une fête, les soirées de bienfaisance.

Dès lors, accompagnant ces troupes de jeunes, elle va elle-même se mettre en scène, endossant les rôles les plus divers, pour propager auprès de son auditoire sa joie, ses messages moraux et spirituels.

Chanteuse de rue

chanteuse-rue

Gabrielle confectionnait elle-même les costumes des acteurs, les décors, qu’elle transportait dans de lourdes valises. Elle assurait également les dépenses de ces tournées continues et coûteuses, qui la menèrent dans le monde entier.

L’expérience mystique (1936-1950)

Après treize années d’apostolat sur scène, une nouvelle lumière conduit Gabrielle au sommet de la grande pyramide que fut sa vie, le début de son journal spirituel, comme si tout ce qui l’avait précédé n’avait été qu’une ascension vers ce sommet. À soixante-deux ans, en 1936, après de nombreuses sollicitations, Mademoiselle Bossis accepte d’organiser une tournée risquée au Canada, sur le transatlantique Île-de-France. Ce seront deux mois et demi ininterrompus de rendez-vous et de déplacements, de représentations et de cours à de jeunes actrices improvisées, de rencontres, de fêtes et d’émotions. En lisant ces premiers entretiens, une chose nous frappe, Gabrielle la rapportant comme s’il s’agissait d’un fait désormais habituel : l’affleurement de rapports intimes entre elle et Celui qui lui parle. Et l’on en vient à se demander : s’il s’agit vraiment de la première fois que Gabrielle entend cette Voix, comment est-il possible qu’aucune émotion ne perce chez elle ? Ses conversations mystiques commencent-elles, comme tout le monde l’a cru, en 1936 ?
La tournée au Canada s’achève. Gabrielle rentre chez elle mais le journal « à deux voix » se poursuit, tellement spirituel. Il ne s’éteindra qu’avec sa vie à elle, devenant : Lui et moi. Un interlocuteur divin, le Christ, s’est insinué dans un voyage terrestre pour le transformer en voyage céleste.

Tandis que l’Europe se précipite dans la tragédie de la Seconde Guerre mondiale, Gabrielle – ignorant comme chacun les événements à venir – organise encore ses tournées mais son journal n’en dit presque plus rien.
S’oubliant docilement, elle n’enregistre désormais que les dialogues spirituels, renonçant à annoter les faits personnels qui ne sont pas nécessaires à la compréhension de la réponse divine. Seule la mention des lieux et des dates permet de suivre, au moins en partie, ses engagements exténuants : en France, en Europe, en Palestine, en Afrique… Des témoignages de cette époque nous aident également.

Quelques-unes des lettres publiées par Beauchesne nous permettent également de la suivre. Comme la lettre qu’elle écrit du Fresne le 26 avril 1939 : « Je suis revenue subito presto du fond tunisien, sur la frontière tripolitaine bourrée de canons, de troupes, d’avions, de fils barbelés, une ligne Maginot admirable… Et je risquais d’être prisonnière d’Afrique jusqu’à Dieu sait quand. »