Daniel-Rops, écrivain et historien, membre de l’Académie Française (1955-1965).

L’avouerai-je ? Cette existence si justement partagée entre une face donnée au prochain, souriante, vouée à distraire autrui, et une autre face consacrée à la contemplation me touche profondément. Certes nous admirons comme il convient le mystique qui s’enferme dans une cellule et poursuit sous la coule monacale une expérience ardue entre toutes. Mais enfin, les religieux, les religieuses, pour trouver Dieu, ont choisi d’écarter de leur route tous les obstacles, hélas innombrables, que le monde met sur la nôtre. Un homme une femme qui, tout en demeurant, humainement semblable à nous, dans des conditions proches de celles que nous connaissons, arrive à s’élever haut vers la cime inaccessible où Dieu se révèle à ses élus, a de quoi nous emplir davantage encore d’admiration. (…) Le dialogue d’une âme avec Dieu est à la fois unique et exemplaire : pour chacun de ceux qui en lisent les phrases peut en entendre l’écho dans son propre cœur. (…) Car l’impression qu’on éprouve en lisant Lui et moi est bien celle-là : comme disaient les chrétiens des premiers temps on y respire « la bonne odeur du Christ ». Rien de forcé ni d’excessif : rien qui viole la nature humaine ou la contraigne au-delà de ses forces. Un appel répété, fervent, certes, à la discipline intérieure, à l’ascèse, à l’effort de soi sur soi, mais qui demeure profondément humain.

Lucia Barocchi, écrivain italien, fervente lectrice de Lui et moi, auteur de la biographie de Gabrielle Bossis.

Depuis plus de deux mille ans, « Lui », le Christ, veut nous parler, à chacun d’entre-nous. Il a toujours choisi des « messagers » capables de transmettre ses paroles. Il agit avec délicatesse au moyen d’intermédiaires que nous pouvons accueillir ou repousser. La Voix est toujours sa Voix, mais Il en modifie la source, le timbre, le chant pour en favoriser l’impact et ne pas nous faire fuir comme « les petits oiseaux qui s’envolent quand quelqu’un s’approche trop ». Si Dieu nous a donné des ailes, c’est aussi pour que nous puissions nous envoler… Un jour, il a choisi comme « ambassadrice » une laïque dans la France occidentale, à Nantes : Gabrielle Bossis. IL lui a demandé de transcrire pour nous les mots qu’il lui suggérait dans l’intimité. Depuis, le journal de Gabrielle, Lui et moi, est considéré comme l’un des plus importants écrits mystiques de notre temps. (…) En lisant cet ouvrage, on comprendra que « Lui » invite chacun d’entre nous à s’identifier à ce « moi », à substituer notre « moi » à celui de Gabrielle Bossis. Et ce sera Lui et…chacun d’entre-nous.
You cannot copy content of this page