Biographie détaillée de Gabrielle Bossis

1- Les premières années de Gabrielle (1874-1894)

Née le 26 février 1874 à Nantes, d’Auguste Bossis et de Clémence Barthélémy, dernière d’une famille qui compte déjà un garçon, Auguste et deux filles, Clémence et Marie, elle vécut dans un bel hôtel particulier au 15, puis au 17 avenue de Launay.

Auguste, Clémence, Marie, Gabrielle à Nice, avant la procession


Cependant, l’été la famille se retrouve au Fresne-sur-Loire, dans une vieille maison s’alignant sur une rangée d’autres, au 10 de la rue principale, dont la façade donne sur une rue silencieuse et le jardin sur la Loire.
C’est sur la terrasse du jardin, que la famille se retrouve.

Vue de la maison de Gabrielle Bossis depuis la Loire, au Fresne-Sur-Loire

Terrasse du Fresne-sur-Loire

Gabrielle sur sa terrasse

D’une excessive sensibilité et timidité, cette petite fille blonde et gracieuse fuit les jeux trop bruyants et les mondanités.

Elle recherche Dieu dans le silence et la solitude. Bien que les locutions soient venues beaucoup plus tard, elle avait conscience de la présence du Christ dans son âme, comme nous l’apprend l’un des dialogues.

2 janvier 1941. Tome V-
« Te rappelles-tu ? quand tu étais petite et que tu Me cherchais, tu allais te cacher dans la chambre noire, derrière la cuisine de ta grand’mère ; là, il y avait dans un coin un grand paillasson roulé en hauteur : tu entrais dedans et quand on disait : « Où donc est Gabrielle ? », tu pensais : « Je suis avec le bon Dieu… »
« Et tu te rappelles, dans les soirs d’été, au Fresne, tu allais toute seule sur la terrasse, Me cherchant entre La Loire et les étoiles ; tu disais : « Je vais penser… »
« C’était Moi que tu cherchais ». « Et Je Me laissais prendre. Mais tu ne le savais pas encore. Ah ! comme Je t’ai aimée, Ma petite Fille ! »

A 6 ans, elle débute ses études au pensionnat des « Dames noires », fréquenté par les enfants des familles aisées. Elle y reçoit une éducation mondaine.
C’est dans ce cadre qu’elle prépare et effectue à 12 ans, sa première communion (10 juin 1886).

Pensionnat des Fidèles Compagnes de Jésus (Dames Noires) – Nantes

Première Communion de Gabrielle (10 juin 1886)


Ici encore, lors des dialogues, le Christ nous indique que Gabrielle avait conscience de sa présence :

17 juin 1945. Tome VII
« Tu te rappelles le jour de ta première communion, tu n’osais pas remuer, tellement tu savais que J’étais dans ton corps ? Oui, Je suis là. »


L’adolescence passée, de timide et d’introvertie qu’elle était, Gabrielle devient une éclatante demoiselle, grande et svelte, d’une beauté peu commune.

Gaie et sociable, à la conversation vive et profonde, elle avait l’art d’égayer. La peinture comme la musique, la sculpture, le chant, la broderie ou la danse, lui étaient faciles. Son goût de la vie se manifestait dans la pratique des sports de son époque : bicyclette, équitation, longues marches. D’une intelligence vive, elle ne possédait pas une beauté classique, mais étonnait par son extraordinaire dynamisme et par son allure triomphante.


Son album photo montre la vie brillante et mondaine que menait sa famille, surtout lorsqu’elle se déplaçait dans les endroits les plus courus :

Gabrielle Bossis jeune-fille

Gabrielle en famille à Nice (1894)

Gabrielle sur la Montagne du Château (Suisse


2- La Femme (1894-1923)

Entre 20 et 24 ans Gabrielle fut perturbée par des luttes intimes, pour identifier le sens qu’elle devait donner à sa vie. Devait-elle embrasser la vie religieuse ? Finalement, elle obéit à une force intérieure qui la voulait dans le monde plutôt que dans un cloître.

Et sa vie sentimentale ? Attirante comme elle l’était, elle ne passait pas inaperçue et aurait eu de nombreuses demandes en mariage, ainsi que le révèle sa petite-nièce, Sœur Marie-Renée : « Très indépendante de nature. D’après les dires, elle aurait reçu de nombreuses demandes en mariage, mais les avait toutes refusées sentant que ce n’était pas sa voie…»

Issue d’une famille très aisée, elle n’a pas de soucis financiers et cherche à féconder sa vie par des engagements généreux.

Chaque matin, Gabrielle arrive à l’église un quart d’heure avant la messe de 7 heures. Elle travaille régulièrement dans le laboratoire de décorations liturgique pour les Missions, elle enseigne le catéchisme et elle met ses talents au service de la paroisse du Nantes et du Fresne-sur-Loire.

Broderie réalisée par Gabrielle

 

Elle a brodé beaucoup d’étoles pour je ne sais quel prêtre (…). Elle les brodait avec des paillettes et des petites perles (…) »

Témoignage de Marie-Christine Bossis, sa petite-nièce

Gabrielle et des jeunes du patronage sur la terrasse

 

« Elle faisait le catéchisme aux enfants du Fresne et avait l’impression que ce n’était plus elle qui parlait m’avait-elle dit. »

Témoignage de Sœur Marie-Renée, sa petite-nièce

Elle connut de nombreux deuils familiaux : celui de son cher papa en 1898, puis de sa mère en 1908 et enfin de Clémence en 1912.

A 38 ans, demeurée seule, son frère et son autre sœur étant mariés, elle reste sociable, souriante avec tous et très attentive aux membres de sa famille, petits et grands.

Sur la terrasse du Fresne-sur-Loire

 

« (…) la terrasse dont tante Gaby était amoureuse »

Témoignage de Marie-Christine Bossis, sa petite-nièce

Gabrielle Bossis dans son salon de l’avenue de Launay à Nantes

 

« J’aimais sa façon de s’habiller, avec des robes qui  me semblaient légères, avec des fleurs pâles, des drapés, des frous-frous, des dentelles, des chaînes, des bijoux. Ses chapeaux étaient étonnants, plantés d’épingles. »

 

Témoignage de Marie-Christine Bossis, sa petite-nièce

Elle obtient un diplôme d’infirmière et exerce, pendant la guerre de 14-18, dans sa région, puis dans les hôpitaux de Verdun. Elle était appréciée par les soldats.

infermiere

Gabrielle infirmière de la Croix Rouge à Verdun (1917)


Après la guerre, au Fresne, Gabrielle se sent de plus en plus investie par la vie simple et de recueillement qu’elle y mène.
C’est sur la “terrasse” familiale, sur ce terre-plein planté d’arbres et fleuri, que se passe au frais une bonne partie de la journée : on y prend le thé, le petit-déjeuner et le goûter, on y lit, on y brode, on y reçoit les amis.
C’est ici que Gabrielle cultive ses fleurs, invente des guirlandes de roses, prend plaisir aux trilles des oiseaux et à la fantaisie des nuages sur la Loire.
C’est ici qu’elle écoute le silence : une nièce nous a dit que, souvent, au Fresne, tante Gaby interrompait un goûter, un jeu, un discours, pour dire aux petits : « Chut ! Écoutez le silence ! ».


3- Le temps de la maturité : « Gabrielle va au large »

Ce qui étonne dès lors dans la vie de Gabrielle Bossis, est la coexistence d’une vie d’actrice brillante, mouvementée, avec une spirituelle lumineuse et profonde. Toutes deux sont très intenses, comme nous le montre les dialogues de « Lui et moi ».

  • L’expérience artistique (1923-1936)

A 49 ans, sous l’impulsion de l’abbé Olive, curé du Fresne, qui la connaissait depuis l’adolescence, qui avait suivi sa croissance spirituelle et qui l’exhortait à « prendre le large », Gabrielle débute sa carrière théâtrale.

En effet, constatant que « Les comédies que je voulais faire jouer aux jeunes de la paroisse étaient ridicules, absurdes », il lui demande d’en écrire, qui pourront être jouées dans les patronages. Dès lors, elle va écrire des comédies et des ballets pour des troupes de jeunes, qu’elle va accompagner.

Préfailles 14 juillet 1930

 

« Elle voyageait allègrement à travers la France quand les patronages l’invitaient à donner des représentations »

Témoignage de Sœur Marie-Renée, sa petite-nièce

Elle se met elle-même en scène, endossant les rôles les plus divers, pour propager auprès de son auditoire sa joie, ses messages moraux et spirituels.

Gabrielle confectionnait elle-même les costumes des acteurs, les décors, qu’elle transportait dans de lourdes valises. Elle assurait également les dépenses de ces tournées continues et coûteuses, qui la menèrent partout en France, mais également dans le monde entier.

« De la Tante, je me souviens surtout des tenues extravagantes, de la famille Topinambour : des mannequins dans le grenier portant les tenues de ses pièces et des malles de costumes qu’elle expédiait aux patronages qui montaient ses pièces. Je me souviens surtout de son allant et de son entrain(…). »

Témoignage de Luc Flament, son petit-neveu

Ainsi, en 13 ans, de 1923 à 1936, elle va alors écrire, mettre en scène et jouer, 13 comédies, 14 saynètes ou ballets, qui concluaient par une fête, les soirées de bienfaisance.

L’expérience mystique (1936-1950)

À soixante-deux ans, en 1936, après de nombreuses sollicitations, Mademoiselle Bossis accepte d’organiser une tournée risquée au Canada, sur le transatlantique « Île-de-France ». Ce seront deux mois et demi ininterrompus de rendez-vous et de déplacements, de représentations et de cours à de jeunes actrices improvisées, de rencontres, de fêtes et d’émotions.

En route pour le Canada, sur le transatlantique « Ile de France » -1936


C’est pendant ce voyage que commence l’échange de Jésus avec Gabrielle, qui ne s’éteindra qu’au moment de sa mort et qu’elle a consigné dans de petits cahiers.

Ces échanges sont ponctués d’engagements religieux, qui aux côtés des dialogues, sont autant d’indices de l’évolution spirituelle de Gabrielle.


Tertiaire de Saint François :

Lors de cette tournée au Canada, Gabrielle est également consacrée Tertiaire de Saint François le 25 octobre 1936, en la Cathédrale Notre-Dame de Montréal, sous le nom de « Sœur Marie du cœur du Christ ».

Elle devient ainsi membre laïc de l’ordre franciscain. Elle s’engage à servir Dieu en suivant la règle de Saint François d’Assise : prier régulièrement, étudier le bien et le mal, avoir une grande dévotion à la Passion du Christ, vivre dans l’amour du prochain et dans l’humilité.

Basilique Notre-Dame de Montréal – 1936

 

— 25 octobre. Christ Roi.

Ce matin, à la messe, le curé Boulier m’a consacrée à Dieu, posant ma pauvre formule de vagabonde dans la pale, sous l’Hostie.

Je disais : « Je me donne à Toi, toute vivante. Prie, parais, parle, aime, à ma place, en ma place …».

Et lui me disait : « Occupe-toi de Mon Amour… il n’y a pas un orphelin aussi délaissé que Moi. »

Heure sainte :

Le 28 juin 1939, Jésus demande à Gabrielle, comme il l’avait demandé jadis à sœur Marguerite-Marie, de veiller une heure le jeudi pour communier aux souffrances de sa passion. Dès lors, elle fera une Heure Sainte chaque semaine, le plus souvent à l’église du Fresne-sur-Loire de 16h30 à 17 h30.

Notre-Dame du Bon Port -Nantes

Eglise du Fresne-sur-Loire

Cette heure-Sainte dédiée à consoler Jésus donne lieu aux plus beaux dialogues, qui vont se poursuivre pendant 15 ans.

28 juin 1939. Nantes.

« Honore Ma couronne d’épines. Ce fut si horrible pour Ma tête ! Si doux pour Mon Amour !…

« Désormais, tu feras l’heure sainte du jeudi. Je la demande cette heure avec Moi. Au début, oui, il faut un effort, et puis ensuite cela ne coûte plus.

Rappelle-toi tes premiers couchers (sur le plancher), et maintenant ? Tes premiers chemins de Croix, et maintenant ?

« Oh ! Ma Fille chérie, ne Me quitte pas, ne Me quitte jamais,
Moi qui suis toujours avec toi, toujours ! … »

Garde d’honneur à la Visitation de Nantes : 1949

En 1949, Gabrielle s’engage dans le mouvement de la Garde d’honneur, de 6 à 7 heures du matin.

La Garde d’Honneur est une association de fidèles, destinée à consoler le Cœur de Jésus. Les Membres s’engagent à choisir une heure durant laquelle, sans rien changer à leurs occupations, ils se rendent en esprit auprès du Cœur de Jésus présent au Tabernacle, afin de le consoler des outrages, sacrilèges et ingratitudes qu’il reçoit des hommes, en offrant leurs pensées, leurs paroles, leurs actions, leurs peines, leurs joies.

Registre de la Visitation de Nantes sur lequel sont enregistrées les heures de présence à la « Garde d’honneur »


Développement de l’humilité de Gabrielle :

Ces pratiques religieuses s’accompagnent d’un développement de « l’humilité « de Gabrielle Bossis, comme nous l’explique Lucia Barocchi.

« Car ne l’oublions pas, Gabrielle était née Dame, qu’elle était habituée à un service raffiné, qu’elle avait un irrésistible tempérament d’artiste, qu’elle jouissait comme peu de toutes formes du beau, qu’elle était toujours entourée de familiers cultivés et sensibles, qu’elle avait des biens qui pouvaient lui permettre une vie luxueuse.

Cependant, sans perdre son charme et sa joie, cette femme sociable et radieuse, s’était détachée de ce monde qu’elle goûtait pourtant et s’était dédiée au prochain comme un apôtre, pour faire connaître Dieu… Faisant taire ses exigences innées, renonçant à être servie, se transformant en domestique, cuisinière, jardinière…

Épargnant sur les hôtels, les couchettes, les repas et le confort, quand elle voyageait pour ses tournées et aussi dans sa maison… pour souffrir avec Lui, le Souffrant, sans jamais révéler à l’extérieur cette intime ascèse. Humilité de Gabrielle !»

Gabrielle dans son salon à Nantes

Gabrielle dans son salon au Fresne-sur-Loire

Pour atteindre cette humilité, Gabrielle n’hésitait pas à pratiquer l’ascèse, de façon à ce qu’elle disparaisse pour laisser une plus grande place au Christ.

Certains de ses contemporains s’en sont rendus compte.

Témoignage de Mademoiselle Agnès, gouvernante du curé Harel, au Fresne

« Mademoiselle était très souriante, simple, pas fière, instruite, extraordinaire, ne se fâchait jamais avec personne.(…)

A 6 heures et demie, elle se levait. A 6 heures ¾ ou à moins 10, à l’Angélus, elle arrivait à l’église. Pieds nus, dans ses souliers en hiver ; mains nues, par le plus grand froid. Elle était toute à sa prière.(…)

Je me plaignais du froid, de la difficulté de se réchauffer la nuit ; « Faites comme moi, Mademoiselle Agnès, je ne me déshabille pas ». Elle ne faisait jamais de feu. Elle se couchait sur le parquet, roulée dans une couverture.(…)

Monsieur l’abbé et moi sommes allés à Lourdes avec Mademoiselle Bossis. Elle avait retenu nos chambres à l’hôtel où elle descendait. (…). Nous lui avons posé la question «Où logez-vous ? » « Oh, je suis très bien » dit-elle en riant. Voulant en savoir davantage, je me suis informée auprès du propriétaire de l’hôtel qui m’a informé que Mademoiselle Bossis dormait dans un « placard » : on en ouvrait les portes, il était éclairé par une fenêtre, juste assez grande pour y déplier un lit. Gabrielle donnait une explication en riant pour que cela apparut tout naturel…»

Lourdes, Départ pour Gavarnie

C’est également de ce désir d’ascèse que nous relate Soeur Marie-Hélène, sa petite-nièce.

« Soucieuse d’ascèse (à sa manière), elle dormait par terre ou sur une mauvaise paillasse. Ne portant pas de bas, même en hiver. Ne chauffant pas sa maison. Son régime alimentaire, quand elle était seule, s’avérait plutôt frugal. Je crois qu’elle portait un cilice. »

Ce cilice a été trouvé au Fresne dans une petite boite. Elle le mettait probablement la nuit.

 

Petite ceinture de fil de fer tressé, avec de petites pointes tournées vers la chaire, qui a été élargie à mesure que la taille changeait.

Sa pratique religieuse permit au Christ de prendre une place grandissante dans la vie de Gabrielle. « Lui et moi », en est la parfaite illustration, les dialogues les années passant, se transformant en soliloque. Plus modestement la décoration de sa chambre illustre cette tension vers le Christ.

« L’alcôve aujourd’hui vide était alors tapissée d’images du visage du Christ, autant de reflets du Christ, éclatés sur ce mur comme les fragments d’un miroir cassé. Chère Gaby, qui a reçu tant de fragments de Lui et qui nous les fait partager  (Luccia Barrochi). »

Alcôve de la chambre de Gabrielle Bossis (Fresne-sur-Loire)

26 mars 1937 Représentation du Christ, dont Gabrielle disait lorsqu’elle le vit à Rome : « En voilà un qui lui ressemble un peu ».

4- Dernières offrandes (1949-1950)

En août 1949, deux ou trois semaines après la publication de son premier livre sous couvert d’anonymat, une tumeur au sein est détectée. Elle subit une opération chirurgicale. Cependant, elle s’étend ensuite aux poumons et va lui causer une longue et terrible agonie, que nous révèle ses échanges avec le Christ.

— 24 mai 1950
« Plus la force, à peine si j’y vois à peine si je peux T’aimer. »

« Prends Mon Regard.
« Prends Ma Voix.
« Prends Mon Amour. »

— 25 mai 1950 —
« Suis-je arrivée au bout de ma vie ?… Est-ce que maintenant, je ne célèbre pas ma première et dernière Messe ? « Où es-tu, amoureuse Présence ?… Et après, qu’est-ce que ce sera?»»

« Ce sera Moi,
« Ce sera toujours Moi. »

Dans la nuit du 08 au 09 juin 1950, nuit de la fête Dieu, l’infirmière vient voir Gabrielle vers quatre heures du matin. Elle la trouve encore présente, tout semble normal. Quand elle revient vers six heures et demie, Gabrielle a désormais quitté seule le monde. Comme il le lui avait annoncé, « Lui seul avait recueilli son dernier souffle ».

Elle avait indiqué sous un mode plaisant à ses nièces et neveux ses dernières volontés.

« Vous savez, j’ai toujours aimé me déguiser…J’ai là un costume bien plié dans un carton, il n’est pas mité ! Si cela ne vous ennuie pas, vous m’en revêtirez pour ma mise au tombeau ».

Revêtue de sa tenue de Tertiaire de Saint François, Gabrielle fut inhumée au cimetière du Fresne-sur-Loire.

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Tertiaire de Saint François d’Assise, connu sous le nom de « Sœur Marie du Cœur du Christ »

Eloge funèbre du Chanoine Louis Larose

La Palme

Le Seigneur cueillit sa mort comme une palme.

C’était le 9 juin 1950, en son appartement de l’avenue de Launay, dans sa 77ème année. Ses obsèques furent simples et émouvantes.

Le lundi 12 juin, à Notre-Dame, sa paroisse nantaise, dès 8 heures, une messe de communion groupait autour de son cercueil, parents et amis. Un convoi funèbre l’emportait ensuite à travers la campagne verdoyante, jusqu’au Fresne-sur-Loire, sur ces rives tant aimées de la Loire.

La nef de la petite église avait revêtu sa parure de deuil, tandis que le sanctuaire restait orné de sa draperie blanche et or de la Fête-Dieu. Des lys se détachaient sur les tenures du catafalque.

La messe fut célébrée devant une assistance nombreuse et très émue.

De l’église au cimetière, le cercueil fut porté par des hommes du pays. Le drapeau des Anciens Combattants flottait à la tête du cortège pour un dernier hommage à l’infirmière de la Croix-Rouge. Tout était paix et sérénité dans ce champ des morts qui surplombe le fleuve. Après les prières liturgiques récitées par le clergé, les assistants entonnèrent le cantique des adieux : « Ce n’est qu’un au revoir ». Et le vent chantait dans les hauts peupliers.

« C’est donc là qu’elle repose…écrit dans son bulletin paroissial Monsieur l’abbé Harel, curé du Fresne-sur-Loire ».

Gabrielle Bossis n’appartient-elle pas à la légion des Petites Âmes que Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus entraîne par la Voie de la Confiance et de l’Abandon, victimes fascinées par le regard divin, jusqu’au ciel où les attend l’Amour Eternel ?

Bulletin paroissial de Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus à Nantes, N° 50, février-mars 1951, n°52 Mai-Juin 1951

Au Fresne-sur-Loire, sur son tombeau de granit, simple, qu’elle avait personnellement conçu, est étendu un Christ en Croix, avec pour épitaphe comme un dernier message.

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« Je prépare ma tombe. Je voudrais que passant près de moi, on eût une bonne pensée, que le Christ parlât à travers mes os desséchés »

« Ma voix sortira de la poussière et morte, tu feras le Bien ».

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