Qu’est-ce que l’heure sainte ?

L’Heure Sainte que Gabrielle pratiqua sur la demande de Jésus à partir du 28 juin 1939, consiste à passer, dans la nuit du jeudi au premier vendredi de chaque mois, une heure de prière uni au Christ dans le début de sa Passion, c’est-à-dire au Jardin des Oliviers.

Il s’agit tenir compagnie à Jésus alors qu’il souffre son agonie au jardin des Oliviers, pour se laisser saisir par sa souffrance d’amour, y compatir, et obtenir avec lui miséricorde pour les pécheurs.

Christ in the Garden of Gethsemane), peint par Heinrich Hofmann en 1890

 Jésus nous attend

 

L’heure sainte a été encouragée par l’église, et le pape Pie XI, dans son encyclique « Miserentissimus Redemptio », reconnait qu’elle répond au désir de Jésus comme une pratique d’amour, de compassion et de réparation : « Si l’angoisse de Jésus à Gethsémani est si forte, c’est qu’il perçoit que son Sacrifice d’amour ne rencontrerait qu’indifférence et révolte de la part de tant d’êtres humains. En cette Heure, c’est la Tentation la plus redoutable, l’assaut ultime de l’Ennemi : faire croire à Jésus que son Oblation serait vaine. Dans la solitude amère du Jardin des Oliviers, le Seigneur, broyé par la souffrance, vit les paroles du psalmiste :
« J’espérais la compassion, mais en vain, des consolateurs, je n’en ai pas trouvé » (Ps 69,21) » (Pie XI, Encyclique, Miserentissimus Redemptio).

Consoler le coeur de Jésus

Pendant l’Heure sainte, il s’agit donc de consoler le Cœur de Jésus en partageant l’angoisse de la solitude traversée à cette occasion, alors que se profile le drame de sa Passion et de sa Crucifixion. Il ne s’agit pas simplement d’un temps de prière personnelle. Il s’agit d’une prière structurée autour de la méditation du mystère de l’agonie du Christ, de sorte que nous soyons présents de cœur là-même où les apôtres, accablés de fatigue, n’ont pu trouver la force de « veiller une heure » avec Lui.
L’Heure Sainte peut être vécue seul ou à plusieurs, en paroisse où le Saint-Sacrement est exposé, mais également chez soi.
On prend un chant qui nous met en présence de Jésus.
On fait la lecture d’un des évangiles de l’Agonie de Jésus à Gethsémani. On peut le découper en quelques passages, entre lesquels on peut prendre quelques minutes de méditation. On peut également méditer sur les paroles de Jésus à Gabrielle, concernant son agonie et la consolation que nous pouvons lui apporter. Enfin, nous pouvons éventuellement prendre un chant.
A la fin de l’Heure, on peut alors terminer par un hymne en l’honneur de la Vierge Marie.

 

HEURE SAINTE pour JESUS, avec Gabrielle Bossis

Pendant cette « Heure Sainte », c’est-à-dire une heure mise à part pour Dieu seul, nous pouvons tout simplement nous unir à la prière même du Christ au Jardin des Oliviers. Pour nous aider, nous pouvons entrecouper ce temps par une méditation d’Evangile, puis une parole de JESUS à Gabrielle Bossis. Chacun restera libre de consacrer quelques minutes à chaque étape ou bien restera à telle ou telle étape, suivant l’inspiration du Saint Esprit.

1er quart d’heure

« JESUS se rendit avec eux dans un endroit appelé Gethsémani et il dit aux disciples : ‘Asseyez-vous ici pendant que je m’éloignerai pour prier.’ Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée et il commença à être saisi de tristesse et d’angoisse. Il leur dit alors : ‘Mon âme est triste à en mourir. Restez ici, éveillés avec moi.’ Puis il avança de quelques pas, se jeta le visage contre terre et fit cette prière : ‘Mon Père, si cela est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.’ Il revint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et dit à Pierre : ‘Vous n’avez donc pas pu rester éveillés une seule heure avec moi ! Restez vigilants et priez pour ne pas céder à la tentation. L’esprit est bien disposé, mais par nature l’homme est faible.’ Il s’éloigna une deuxième fois et fit cette prière :’Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne de moi sans que je la boive, que ta volonté soit faite !’ Il revint et les trouva encore endormis, car ils avaient les paupières lourdes. Il les quitta, s’éloigna de nouveau e pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles. Puis il revint vers ses disciples et leur dit : ‘Vous dormez maintenant et vous vous reposez ! Voici, l’heure est proche et le Fils de l’homme est livré entre les mains des pécheurs. » Mt 26, 36-45

 

Partir à Gethsémani avec JESUS :
Jésus à Gabrielle, en mars 1939, n°626 :
« Ne dis pas tes prières pour les avoir dites, mais en te pénétrant l’âme d’amour. »

Ecouter JESUS :
Jésus à Gabrielle le 20 février 1941, n°1075 :
« Ne me laisse jamais seul sur le chemin, te désirant, et toi, ne venant pas […] Je suis l’hôte de ton cœur, viens-là, souvent, me rendre visite […] Cloître-toi derrière les grilles de ton intérieur. Adore ton Epoux sans témoin. Dis-lui les mots de toi et écoute-le. »

S’offrir à JESUS :
Jésus à Gabrielle, le 17 mars 1948, n°1681 :
Cris de JESUS (d’une statue) : « J’ai soif. Je n’ai que ce que l’on me donne. Je ne prends rien. »

2ème quart d’heure

« Ils se rendirent ensuite dans un endroit appelé Gethsémani, et JESUS dit à ses disciples : ‘Asseyez-vous ici pendant que je prierai’. Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à être saisi de frayeur et d’angoisse. Il leur dit : ‘Mon âme est triste à en mourir ; restez ici éveillés.’ Puis il avança de quelques pas, se jeta contre terre et pria que, si cela était possible, cette heure s’éloigne de lui. Il disait : ‘Abba, Père, tout t’est possible. Eloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.’ Il vint vers ses disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre : ‘Simon, tu dors ! Tu n’as pas pu rester éveillé une seule heure ! Restez vigilants et priez pour ne pas céder à la tentation. L’esprit est bien disposé, mais par nature l’homme est faible.’ Il s’éloigna de nouveau et fit la même prière. Il revint et les trouva encore endormis, car ils avaient les paupières lourdes. Ils ne surent que lui répondre. Il revint pour la troisième fois et leur dit : ‘Vous dormez maintenant et vous vous reposez ! C’est assez ! L’heure est venue ; voici que le Fils de l’homme est livré entre les mains des pécheurs. Levez-vous, allons-y ! Celui qui me trahit s’approche. » Mc 14, 32-42.

Recevoir les mérites rédempteurs de JESUS :
Jésus à Gabrielle, le 1er mars 1942, n°1217 :
« Prends mes mérites,
Prends mes bras,
Prends mon CŒUR. »

Jésus à Gabrielle, avril 1944, n°1360 :
« Prends de ma science à aimer. Prends tout ce que tu peux de moi pour me ressembler : j’aimerai me reconnaître en toi […] Je t’ai tout donné. Je t’ai sauvée. »

Consoler JESUS :
Jésus à Gabrielle, le 21 mars 1948, n°1078 :
« Je quitte la grotte de l’Agonie pour rencontrer Judas… Oh ! pour adoucir la cruauté de son perfide baiser, embrasse-moi ! »
Jésus à Gabrielle, le 5 mars 1942, n°1219 :
« Si je suis sensible à la haine qui voudrait m’anéantir, je suis tant sensible à l’amour qui veut me consoler, aux délicatesses charmantes de mes créatures. »

 

3ème quart d’heure :

« Il sortit et se rendit comme d’habitude au mont des Oliviers. Ses disciples le suivirent. Lorsqu’il fut arrivé à cet endroit, il leur dit : ‘Priez pour ne pas céder à la tentation.’ Puis il s’éloigna d’environ un jet de pierre, se mit à genoux et pria en disant : ‘Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne.’ Alors un ange lui apparut pour le fortifier. Saisi d’angoisse, JESUS priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient par terre. Après avoir prié, il se releva et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse. Alors il leur dit : ‘Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez pour ne pas céder à la tentation.’ Lc 22, 39-46

Contempler la Sainte FACE, consoler JESUS :
Jésus à Gabrielle, le 11 mars 1948, n°1678 :
« Contemple mon Visage douloureux. […] Ce sera comme le doux linge de Véronique ; elle me le tendait et, d’une main, je l’appuyai sur ma FACE, lui en laissant l’empreinte. Ne crois-tu pas qu’à toi, qui m’offres ton esprit, je vais l’imprégner du mien pour que tu le donnes aux autres afin que tout en vous soit un profit pour tous ? Plus tu donnes, plus je te donne. »

Intercession pour le monde avec JESUS :
Jésus à Gabrielle, le 7 juillet 1949, n°1786 :
« Ne dis-tu pas chaque jour : ‘Seigneur, répandez des torrents de grâces incessantes sur ceux qui en ont besoin’. J’entends ce que tu me dis. J’aime ce que tu me dis, comme aime un Père. Ce ne sont pas tant les paroles que dit l’enfant, que l’enfant les disant. Crois cela. Et tu t’adresseras plus sincèrement, plus gaiement à moi, parce que tu sauras mieux que tu me fais plaisir […] Ah ! Criez souvent, afin que je vous exauce, mes bien petits, mes benjamins dans les siècles, croyez à votre Ecouteur, au point de remercier en demandant, et tout sera fait pour vous donner la joie que vous m’avez-vous-mêmes donnée. »

4ème quart d’heure :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra et celui qui déteste sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera. Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. Père, révèle la gloire de ton Nom ! Une voix vint alors du ciel : ‘J’ai révélé sa gloire et je la révélerai encore.’ » Jn12, 24-28

Confiance en JESUS :
Jésus à Gabrielle, le 5 mars 1942, n°1219 :
« Dilate-toi, épanche-toi, je t’écoute. Je ne me lasse pas, toi, ne te lasse pas non plus. Parle comme à voix basse dans l’obscurité, sûre de l’attention de mon oreille et de l’Amour de mon CŒUR. »

Oser parler à Dieu :
Jésus à Gabrielle, le 6 septembre 1942, n°1716 :
« Je suis toujours crucifié devant le Père, qui voit au même instant tous les temps. Je suis toujours l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde. Puisque je suis à toi, pour toi, pourquoi ne m’offres-tu pas plus souvent du fond de ton cœur au Ciel ? C’est toujours ‘maintenant’. […] Tendrement, offre ton holocauste pour le monde. […] Parle au Père de son Fils sur la Croix, pour qu’il se laisse toucher et envoie la lumière à ces endurcis qui ne me regardent même pas. Tu sais comment on parle à un Père qui voit mourir son Fils ? Ce Père ne s’empressera-t-il pas d’exécuter les dernières volontés de son enfant ? Rappelle-lui le mot : ‘Pardonnez-leur, ils ne savent ce qu’ils font.’ »

Résolutions finales :
Jésus à Gabrielle, le 29 mars 1939, n°635 :
[Jésus lui apprend une prière] « Je veux être une sainte, une pleine d’amour de Dieu, une purifiée de mes fautes. »
« Père saint,
Je vous offre JESUS vivant dans ma vie,
Je vous offre JESUS mourant dans ma mort,
Je vous offre le CŒUR de JESUS dans chacun des battements de mon cœur. »